20 Dissertations Sur Le Plaisir De Lire

Initialement publié le 5 juin 2015

Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué (enfin j’espère pour toi si tu es concerné-e), le bac approche à grands pas. Tu es déjà probablement enfermé-e dans ta chambre, tel un chevalier solitaire dans une forteresse, avec pour seuls compagnons des gâteaux en (trop) grande quantité et des livres à ne plus savoir qu’en faire. Le bac, cette plaie du moins de juin pour des générations d’élèves en terminale…

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Mais nous ne vous oublions pas, cher-e-s élèves de première : le bac français c’est pour votre pomme ! Première étape du marathon qui vous attend l’année prochaine, le bac français est l’occasion rêvée de grappiller des points d’avance. Je mets donc ma cape de SuperExam pour vous enseigner quelques astuces qui m’ont permis d’avoir 18 à mon épreuve orale et 16 à l’épreuve écrite à l’époque où j’ai passé mon bac (aux environs de 1957 si mes souvenirs sont bons).

Alors oui, je l’admets, ceci est un titre racoleur parce que 20/20 c’est dur quand même, mais ça sonnait mieux que « Avoir quelques points de plus au bac par rapport à ta moyenne de l’année, pour faire plaisir à mémé et prendre de l’avance sur la taule que tu te prendras en philo l’année prochaine », tu en conviendras.

Le but est le même : créer l’admiration dans ton entourage.

L’épreuve écrite, la sainte trinité des copies à rallonge

L’avantage de l’épreuve écrite, c’est qu’elle laisse le choix à l’élève de la sauce à laquelle il sera mangé : c’est gentil quand même. Les trois épreuves se basent sur les connaissances acquises au cours de l’année, qu’elles soient méthodiques ou théoriques.

Tous les textes lus au cours de l’année, les notions apprises et les genres étudiés permettent d’avoir en main les techniques pour pondre une copie de qualité. Les programmes changent assez peu avec les années et les professeurs séparent en général l’année en genres littéraires, permettant de faire un bon tour d’horizon de tout ce qu’a à offrir la littérature française, en plus des études détaillées propres aux textes préparés pour l’oral.

Si t’as fait ça toute l’année au lieu d’écouter, on a du boulot.

C’est une très bonne façon de faire le tour des textes du corpus imposé par le programme national. Je te conseille de ficher par genre avec à chaque fois les aspects étudiés avec ton professeur :

  • les termes techniques propres à chaque genre : le vocabulaire du théâtre, les caractéristiques de l’autobiographie, les différents sous-genres romanesques…
  • les sous-genres du genre (oui ça fait beaucoup de fois « genre ») : il n’y a pas un seul type de roman ou de pièce de théâtre et il faut savoir définir le théâtre dramatique face à la comédie
  • les grands auteurs du genre : tu peux faire une liste chronologique d’auteurs, avec une petite note biographique (utile pour l’introduction d’un commentaire mais pas au point d’apprendre le nom de la sœur de Balzac) et ce qui fait la spécificité de leur travail (le travail descriptif de l’un, le goût pour les histoires familiales de l’autre, le courant auquel il se rattache…)
  • les grandes œuvres du genre : c’est la même démarche que pour les auteurs, pas besoin de connaître les noms de tous les personnages, il suffit de connaître l’intrigue en deux lignes ainsi que les grands thèmes du livre (la passion pour Le Rouge et le noir, la politique et la confiance dans Les Mains sales…)
  • les courants littéraires : ceux-ci transcendent les genres mais permettent de classer les auteurs et leurs œuvres dans une case historique et thématique ainsi que de tout remettre dans un contexte plus général (les événements historiques, les courants similaires dans la peinture, les différentes articulations entre les genres).

Disons qu’une fois ces fiches thématiques faites, tu auras une bonne idée du spectre d’œuvres que tu as étudiées pendant l’année. Mais malgré leur beauté numérique, ces fiches ne servent pas à décorer tes murs, elles vont te permettre d’utiliser tes connaissances durant l’épreuve écrite !

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L’épreuve, le choix entre la peste, le choléra et la chtouille

Ça y est, le grand jour est arrivé : tu vas passer ta première épreuve de français, l’écrit. Tu as tout bien révisé grâce à un travail réparti sur toute l’année (ou au moins sur la dernière semaine quand y avait pas Roland-Garros à la télé) et à nos conseils en or. De rien, ça me fait plaisir.

Déjà, respire un grand coup. Profite des minutes d’avance avant d’entrer dans ta salle pour ne PAS regarder tes fiches : ça ne sert à rien, tu n’apprendras pas plus, tu vas juste t’embrouiller avec des infos en trop ou mal assimilées car apprises en vitesse entre la pause toilette et l’achat de ton petit-déjeuner. En attendant que les surveillant-e-s te donnent tes copies et ton sujet, sors tout ce dont tu as besoin et respire. Pas de stress, c’est point S.

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Une fois le Graal entre tes pattes, lis BIEN le sujet. Lis tous les textes du corpus, si besoin prend des notes sur les idées qui te viennent au cours de ta lecture, n’hésite pas à surligner des points qui te semblent d’emblée intéressants. Lis ensuite les questions de corpus ainsi que les sujets d’écriture. Ne te précipite pas vers l’épreuve dans laquelle tu réussissais le plus au cours de l’année, ou celle dont tu penses qu’elle te permettra d’avoir une bonne note.

Choisis tranquillement, sans te presser, l’épreuve qui t’inspire le plus, dans laquelle tu as le plus de réponses à apporter. Le but est, certes, de réussir, mais aussi de te lancer dans un travail d’écriture dans lequel tu es à l’aise. Par exemple, j’ai pris toute l’année des commentaires de texte (moyennement réussis mais je sauvais les meubles) et j’ai choisi au bac l’écriture d’invention car le sujet m’inspirait beaucoup même si je n’en avais fait qu’une fois.

Le but n’est pas le YOLO total mais les risques ont parfois du bon si tu le sens bien : il n’y a que toi qui sais quoi faire, fais confiance à ton instinct et à ta personne.

L’épreuve écrite : conseils généraux

Que tu fasses un commentaire ou une dissertation, je te conseille de ne pas tout écrire au brouillon. Déjà, tu n’auras pas le temps et puis ça risque d’être bien rébarbatif. Tu peux écrire ta conclusion (il vaut mieux commencer par ça pour apporter une réponse précise à ta problématique que tu risques d’oublier un peu au cours de ta copie) et ton intoduction entièrement au brouillon.

Pour le plan, fais au brouillon un plan détaillé avec parties, sous-parties et quelques points importants de ton développement, que tu dérouleras au fur et à mesure de ta copie. Garde ton plan à côté de toi et, si besoin, coche les parties terminées pendant ton avancement. Soigne aussi tes transitions : même si elles ne font pas partie des arguments de ta copie, elles permettent une lecture agréable pour laquelle ton correcteur te remerciera.

Parce que leur mois de juin ressemblera à ça, pense à eux un peu.

Quel que soit ton sujet d’écriture, relis-toi bien. C’est très important car même si ça ne te permettra pas de changer des aspects majeurs de ta copie, tu pourras repérer des détails qui font la différence. Il y a plusieurs types de relectures que tu peux effectuer selon tes points faibles, constatés au cours de l’année :

  • la relecture orthographique : elle te permet de corriger tes erreurs, des oublis de mots, les petites fautes qui font mauvais genre sur une copie autrement excellente
  • la relecture de l’ensemble : elle est particulièrement utile si tu es décousu-e dans tes copies et que l’on sent des trop grandes coupures entre tes parties et tes sous-parties
  • la relecture de sens : pour celle-ci, mets-toi à la place du correcteur qui n’est pas dans ta tête et qui ne connaît donc pas tes intentions. Imagine que tu as lu le ou les texte(s) une seule fois et que tu lis la copie directement après : est-ce que tu comprends tout ? Est-ce que tu indiques toujours la ligne et le passage que tu cites ? Est-ce que les arguments et les parties s’enchaînent bien ?

Ces relectures sont primordiales et te permettent aussi d’être plus sûr-e de toi au moment de rendre ta copie : finie l’angoisse post-rendu de copie du style « Et si j’avais fait une faute là ? J’ai pas oublié une transition ? » — mais non, tout va bien, chhhhut.

Le commentaire de texte, la voie (pas si) royale

Le commentaire de texte est probablement l’épreuve la plus préparée au cours de l’année et certain-e-s imaginent souvent, à tort, que si tu ne sais pas faire un commentaire de texte au moins de juin, c’est foutu. Que nenni, j’ai appris à faire un commentaire de texte en deuxième année, il était trop tard pour le bac mais on peut pas forcer le déclic !

Une fois le texte devant toi, lis-le. Alors oui, je donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais en vrai : lis-le, comme tu lirais un livre dans le métro et pas comme une notice pour un meuble IKEA dans laquelle tu essayes de comprendre pourquoi il te reste une vis dans la main alors que le lit est monté. En te mettant à la place du lecteur lambda, tu auras une meilleure vision globale du texte et des idées qui y sont véhiculées !

Matilda kiffe lire et a eu 19 à son bac français. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Car un texte, c’est d’abord un travail d’invention ou au moins de transcription qui est destiné à un lecteur, lequel est supposé ressentir quelque chose face à ce texte. Le commentaire de texte n’est pas une dissection scientifique et méthodique mais une explication du sens et du propos d’un texte à l’aide d’outils techniques et méthodiques. Alors encore une fois, fais confiance à ton instinct de lecteur et note ce qui te passe par la tête sur ton brouillon.

Une fois le sens et les thèmes du texte compris, passons à la partie un peu moins fun : l’analyse. Pour cette partie, il est vrai, on approche pas mal de la dissection. La technique la plus simple est la bonne vieille analyse linéaire qui te permet d’établir les figures de style, les techniques d’écriture, les aspects vraiment analytiques de ton texte. À chaque caractéristique dénichée, essaye de trouver un sens : pourquoi l’auteur a écrit ça ? Pourquoi de cette façon ? Comment ? Qu’essayait-il de véhiculer comme idée ?

Lui il véhicule pas grand-chose, j’te l’accorde.

Si tu veux, tu peux faire une colonne à gauche avec le bout de texte étudié et la figure de style qui y correspond, et à droite l’idée qui en ressort. C’est à partir de cette colonne de droite que tu peux établir des thèmes principaux qui te permettront de construire un plan. À propos de ce fameux plan, je tiens à tuer une idée nulle : tu n’es pas OBLIGÉ-E de respecter le schéma thèse, antithèse, synthèse.

Il n’y a pas de copie idéale ni de plan parfait car à chaque texte correspondra mieux un plan ou un autre. Certains textes ne se prêtent pas du tout au plan thèse-antithèse-synthèse, surtout si ta problématique n’y correspond pas. Personnellement, j’ai toujours trouvé ma problématique à partir de mon plan, qui me venait souvent logiquement des idées tirées de mon analyse expliquée ci-dessus.

Un bon plan est un plan qui répond à une problématique et qui est clair : pas besoin de tournoyer pendant trois heures autour du pot, la clarté est importante et nécessaire à une copie efficace. N’oublie pas que les correcteurs ont des piles de copies à ne plus savoir qu’en faire et simplifier leur travail avec une copie propre et claire est une bonne stratégie.

Ensuite, il faut être méthodique : tu as ton plan et ta problématique, tu peux donc l’introduire avec une contextualisation utile du texte et y répondre dans ta conclusion. Les parties sont quant à elles un déroulement de ton raisonnement, de la partie à la sous-partie à l’idée véhiculée grâce à un argument et un exemple. Comme sur des roulettes non ?

Ou pas.

Alors c’est parti mon petit, prends tes coucougnettes ou ce que tu veux d’autre et lance-toi !

La dissertation

La dissertation est un exercice qui peut faire peur au départ mais qui ne nécessite pas non plus d’être Kant. L’important dans une dissertation, c’est d’associer clarté et argumentation. La question est posée dans le sujet et ta problématique sera une reformulation de cette question, dans le sens où tu l’entends et afin que ton plan y soit une réponse logique.

Comme conseillé plus haut, lis bien ton sujet. Lis la question et note les idées qui te viennent directement en tête : il suffit parfois de partir de l’idée la plus instantanée et la plus logique pour avoir un plan qui tient debout, au lieu d’aller chercher midi à quatorze heures pour jouer au plus malin. Lis ensuite les textes qui composent le corpus : pas besoin de faire une analyse linéaire, ils ne servent que comme exemples et non comme supports à ton argumentation.

Enchaîner les exemples risque de créer cette réaction chez tes correcteurs.

Contrairement aux idées reçues, le commentaire demande autant de connaissances que la dissertation même s’il requiert l’utilisation de termes techniques alors que la dissertation teste ta capacité à mettre en application les petites fiches thématiques dont on causait au moment de tes révisions. Grâce à la question et aux textes, tu es censé-e voir à peu près de quoi l’on parle et tes cours vont t’aider à expliquer tout ça.

Le plan d’une dissertation doit avoir une qualité : la logique. Ton plan doit répondre à la question posée par le sujet de façon méthodique : ça peut être une réponse thématique ou calquée sur le modèle « thèse-antithèse-synthèse », selon ce qui s’y prête le mieux. Tu peux même envisager un plan en deux parties : ça n’est pas rédhibitoire du moment que c’est cohérent avec ta problématique et tes arguments.

 « Tu comprends, c’est d’abord une question de ressenti quoi ! »

En parlant d’arguments, ne cherche pas à tout prix à caler les citations ou les œuvres dont tu as appris les résumés comme un gamin devant une boîte de céréales. Le but d’une dissertation n’est pas la récitation mais le questionnement et la compréhension générale et argumentée d’un thème et d’une question. Chaque partie et sous-partie comprennent des arguments qui te permettent d’avancer dans le déroulement de ta copie et ces arguments nécessitent des exemples (et non le contraire).

Tes exemples peuvent porter sur des textes du corpus ou bien des textes que tu as étudiés au cours de l’année : c’est toi qui voit tant que tes exemples tombent à pic et non comme un poil sur le potage. Encore une fois, privilégie la clarté et la logique et non la récitation.

L’écriture d’invention

Pas besoin d’être Marivaux pour se lancer dans l’écriture d’invention. Certes, une copie digne des Misérables marquera plus de point que ton récit de vacances niveau CE2 mais le but est de tester ta compréhension du sujet et ta capacité, encore une fois, à pondre un texte clair et agréable à la lecture.

Même si l’écriture d’invention ne mérite pas d’être reléguée au troisième plan ou d’être aussi effrayante qu’un clown un soir de pleine lune, il faut admettre qu’elle nécessite un peu d’entraînement. Si comme moi, tu as peur de ce sujet, tu peux demander des conseils à ton professeur ou même lui demander de te donner un sujet à faire en plus des bacs blancs pour avoir son avis sur ton écriture et ta capacité à gérer l’exercice le jour J.

La réaction de ma prof, mi-impressionnée par ma volonté et mi-saoulée à l’idée de corriger une copie en plus.

Je me répète encore mais pour l’écriture d’invention, c’est PRI-MOR-DIAL : lis bieeeeeen ton sujet. Si un texte est proposé en support au sujet d’écriture, je te conseille de le lire uniquement du point de vue d’un lecteur car les sujets te demandent très rarement (voire jamais) d’imiter un style en particulier. Or analyser un texte avec trop de précision technique comme pour le commentaire pourrait te donner la tentation de reproduire les méthodes et tics d’écriture.

Il n’y a pas de méthode précise pour l’écriture d’invention car elle ne nécessite ni plan ni argumentation et les exigences varient énormément d’un sujet à l’autre. Dans le cas où on te demanderait de faire la suite d’un texte à ta sauce, fais bien attention aux informations sur l’intrigue qui te sont données dans le texte. C’est le contexte qui te permettra de bien t’inscrire dans sa continuité.

« Lis ça ATTENTIVEMENT je te dis ! »

S’il s’agit de pondre un récit « à la sauce de » ou une réécriture selon un genre, un courant ou un auteur, demande-toi bien quelles sont les caractéristiques de ce courant, ce genre, cet auteur ou cette sauce. Dans ce cas, c’est ta capacité d’analyse jumelée à tes qualités d’écriture qui seront jugées : un petit combo fatal comme on les aime.

Dans l’absolu, je ne saurais te donner de conseils précis sur l’écriture d’invention tant ça varie d’un sujet à l’autre et d’un-e élève à l’autre. Mais lance-toi si le sujet t’inspire et que tu as confiance en ta capacité à correspondre au mieux aux exigences du sujet. Et n’oublie pas la relecture, surtout du point de vue d’un lecteur car le correcteur sera exactement dans ce rôle au moment de la correction !

L’oral de français

Pour l’épreuve orale, je tiens tout d’abord à te rediriger vers mon article sur les conseils et astuces pour bien se préparer et réussir un examen oral. C’est le premier d’une longue série et les conseils varient peu d’un examen à un entretien d’embauche !

À lire aussi : Préparer un examen oral — Conseils & astuces

Contrairement à l’écrit, tu sais à peu près à quoi t’attendre pour l’oral : tu as étudié au cours de l’année des textes et ton oral va porter, à 95% de chances, sur un de ces textes. (Oui, il arrive que des examinateurs sadiques choisissent un texte qui n’est pas sur ta liste, auquel cas ils prennent cette difficulté supplémentaire en compte lors de la notation.)

A priori, tu as déjà fait un commentaire de ces textes et tu connais le contexte général de l’oeuvre dont ils sont tirés. Tu as donc en main les clés pour réussir ton oral, si tu évites les pièges trop souvent tendus aux élèves ! Ça commence lors de tes révisions : n’apprends pas le commentaire et son plan par cœur, car si l’examinateur te donne une problématique différente de celle que tu avais étudiée, tu risques de recracher un plan qui ne répondra pas du tout à la question posée. Panique garantie.

Le but de l’oral est de tester rapidement (avec seulement 30 minutes de préparation) ta capacité à analyser un texte sans pour autant que tu répètes ta leçon. Tu connais donc déjà le texte et tu sauras ainsi repérer les exemples en son sein, mais c’est à toi, pendant la préparation, d’organiser tout ce petit monde en une argumentation claire et répondant avec justesse à la question posée par l’examinateur !

Deuxième écueil courant de l’oral : la récitation. La première façon de l’éviter, c’est d’utiliser ton temps de préparation pour noter des idées (sous forme de points, de schéma ou de pingouin si le cœur t’en dit) et non une introduction ou des parties rédigées en entier, auquel cas tu risques de rester le nez vissé sur ta feuille.

De plus, évite de réciter les leçons apprises lors de l’année : l’examinateur se fout de connaître la vie de Zola si tu tombes sur une de ses œuvres, il suffit de donner le titre de l’oeuvre et pourquoi pas le courant dans laquelle elle s’inscrit, les thèmes évoqués, l’intrigue et où le texte se situe au cours de celle-ci. Trop de détail tue le détail et accessoirement met l’examinateur dans un coma profond, qui pourrait le rendre irritable.

La deuxième partie de l’épreuve est consacrée aux questions de l’examinateur : il peut revenir sur des points pas très clairs de ton argumentation (ce n’est pas fatal, pas de panique Monique) mais aussi te poser des questions pour sortir un peu de la problématique de ton commentaire, pour élargir le spectre du texte. Ce n’est pas non plus le moment pour étaler ta science : écoute bien les questions et réponds-y de façon concise, claire et précise.

L’oral n’est pas une occasion pour te coincer, l’examinateur a autant envie que toi de te donner une bonne note : il n’est pas ton ennemi alors respire et entre dans cette salle avec la confiance et le sourire ! Profite de tes oraux blancs pour travailler ton aisance à l’oral, ta capacité à bien écouter les questions sans hésiter à attendre quelques secondes pour apporter une réponse intelligente au lieu de répondre une bêtise du tac au tac.

Allez fonce mon p’tit, tu vas l’avoir ce bac !

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Tu t’es toujours demandé à quoi ressemblait une véritable bonne copie de Culture Générale aux concours ? Major-Prépa a la réponse à ta question.

Voici une copie notée 17/20 à l’épreuve HEC du concours 2015 : « Crépuscule de la vérité », similaire mot pour mot à la copie manuscrite. Si ce sujet reste dans la veine typique de l’épreuve HEC, il en a décontenancé plus d’un le jour de l’épreuve (d’après notre sondage, vous avez été 60% à avoir ri en découvrant le sujet, et 15% à vous être « décomposé sur place » sur les 1100 étudiants ayant répondu). En effet, comparé aux épreuves EM Lyon et ESSEC/EDHEC, les sujets sont souvent bien plus abstraits et moins proches du cours, forçant les candidats à plus de créativité (pour le bonheur ou le malheur de certains). On se souviendra de « ouvrir un espace » en 2014, ou encore « le plaisir se mérite-t-il ? » l’année précédente. En d’autres termes, n’essayez pas d’anticiper le sujet de culture générale HEC, vos chances sont pour ainsi dire nulles.

Cependant, il existe bien des méthodes qui permettent d’accrocher une excellente note, et que l’on retrouve en partie dans cette copie. Tout d’abord en introduction passer du temps à disséquer le sens de chacun des mots, et même la construction de la phrase (ici pourquoi ne pas avoir mis de pronom devant l’intitulé ??), cela vous donnera les pistes des paradoxes et problèmes à développer. L’utilisation des exemples est également un point essentiel qui fait passer une copie fade et abstraite à vivante et argumentée. Les exemples doivent être relativement nombreux (bien qu’il soit possible de réutiliser plusieurs fois une même oeuvre pour illustrer des aspects différents), mais surtout ils doivent être utiles ! Par là j’entend qu’il ne sert à rien de citer un auteur ou une oeuvre sans expliquer pourquoi elle est pertinente. Vous ne prouverez rien sinon que vous savez que cette oeuvre existe (ce dont le correcteur se moque éperdument). Chaque exemple que vous ajoutez doit apporter quelque chose à la réflexion. Il doit amener ou justifier un nouvel argument. Ainsi il ne sert à rien de donner deux exemples qui montrent exactement la même chose. Ayez toujours le soucis d’éliminer le superflu. Tout dans votre dissertation doit être utile. N’oubliez pas que 4h cela reste très court pour faire une bonne dissertation réfléchie et argumentée de manière pertinente. Enfin, un dernier conseil à appliquer particulièrement aux épreuves de type HEC, ne pas hésiter à filer la métaphore (vous pouvez le voir par vous même dans cette dissertation). L’épreuve de Culture Générale cherche à évaluer votre capacité de réflexion et votre culture, mais ajouter à cela une écriture agréable est toujours extrêmement avantageux. Après s’être déjà enfilé 50 copies dans la journée, le correcteur appréciera toujours une copie bien écrite avec des figures de styles originales (mais non moins pertinentes). Donc laissez libre court à votre instinct littéraire ! (dans la mesure du raisonnable…).

Pour autant vous noterez par vous même que cette dissertation est loin d’être parfaite. Que ce soit dans la forme : troisième partie trop courte par rapport à la deuxième… Ou dans le fond : ceux ayant passé l’épreuve pourront s’étonner de ne pas voir abordé des aspects du sujet qui semblaient essentiels à leurs yeux. Car si le but est bien d’arriver à cerner tous les aspects du sujet, il est très difficile de ne pas en oublier un ou deux, ou bien de lier tous ces aspects entre eux de manière cohérente. C’est d’ailleurs surement pour ces raisons que la note est de 17 et non pas de 20… Et encore ! la copie parfaite n’existe pas objectivement, et même une dissertation notée 20/20 garde certains défauts. N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas d’atteindre la perfection pour avoir la note maximale, mais d’être meilleur que les autres candidats. Vous trouverez d’autres conseils et pistes de réflexions dans le rapport de jury, qu’il est toujours très utile de lire pour comprendre les attentes des correcteurs, ou encore dans notre Inside Concours rédigé quelques heures seulement après l’épreuve.

La vérité est souvent pour nous comparable à un projecteur qui vient éclairer notre compréhension du réel à mesure que nous le découvrons. A cet égard, Victor Hugo (XIXème siècle) décrit la vérité comme ce « soleil qui fait tout voir mais ne se laisse pas regarder ». Pourtant notre époque contemporaine semble être marquée par une résurgence d’un relativisme qui tend à dire que des opinions différentes se valent et qu’il n’y a pas forcément de vérité que certains détiendraient plus que d’autres. Serait-ce ici ce que l’on pourrait qualifier de crépuscule de la vérité ? La vérité ce « soleil qui fait tout voir » serait-elle en train de disparaitre à l’horizon, de disparaitre de notre horizon ? Le sujet se présente ici presque comme une apostrophe de par l’absence de pronom en début de phrase. Ce pourrait être le début d’une tirade d’un protagoniste de tragédie grecque, en proie à la déception d’un monde empli de faux-semblants, de tromperies et d’illusions. Pourtant, dans la spontanéité de son sentiment, le locuteur ferait ici apparaitre un paradoxe : la vérité est par définition même immuable. Comment dès lors pourrait-elle avoir une fin, puisque cela reviendrait pour elle à s’inscrire dans le temps, dans la spécificité d’une période donnée ? Par crépuscule on peut également comprendre abandon de la recherche de la vérité ou de la valeur de vérité. Mais alors est-il vraiment possible pour l’individu ou une société de se passer de la valeur même de vérité ?

Il nous faut en effet voir que l’intitulé semble paradoxal puisque la vérité comme connaissance objective est intemporelle. Ce serait donc le fruit d’une illusion que de croire en une disparition, en la fin de la vérité (I). Pourtant, un tel pessimisme peut venir de celui qui se trouve déçu par l’hypocrisie des hommes et la force de leurs illusions (II). Mais enfin, si la vérité est ce soleil « qui ne se laisse pas regarder » lorsqu’il est au zénith, son crépuscule n’est-il pas justement le moyen de voir la vérité sans se « brûler » ? (III)

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Dans un premier temps, il s’agit de voir comment se définit la connaissance vraie. On définit initialement la vérité comme la propriété d’adéquation entre une représentation, une idée, un jugement, et son référent. Le processus de connaissance passe quant à lui par deux facultés humaines que Kant explicite dans la Critique de la Raison pure (XVIIIème) : la sensibilité et l’entendement. La sensibilité est alors ce qui nous permet de percevoir le réel, et l’entendement ce qui rend ces données assimilables par notre esprit. Or du fait que nous faisons tous partie de la même réalité et que la similitude des cadres de l’esprit de chaque individu entraine le même fonctionnement de l’entendement de tout un chacun, il nous est possible d’accéder à des vérités objectives, universellement partageables. La science établit à cet égard des vérités qui répondent à toutes les exigences d’adéquations aux faits du réel connus à ce jour. On peut même ajouter comme Aristote que la vérité désigne ce qui est nécessaire (en opposition à ce qui est contingent), ce qui montre clairement qu’une vérité objective une et entière existe. Mais alors comment pouvoir imaginer un crépuscule de la vérité en connaissance ?

A cet égard, le sceptique remet en question la valeur de vérité, et parfois à juste titre. En effet, Montesquieu (XVIIIème) qui se définit lui-même comme un « relativiste sceptique » met en garde contre toute prétention. Son relativisme ne cherche pas à montrer l’absence de toute vérité, mais à éviter de tomber dans un dogmatisme et pour se faire de toujours remettre en question ses connaissances grâce à une utilisation de la raison à des fins critiques.  Mais là encore, on pourra noter que même dans une optique relativiste qui prétendrait que toutes les opinions se valent, on ne peut toujours pas se séparer de la notion de vérité. Il ne s’agit que d’une autre position par rapport à la vérité.

Mais ensuite, peut-on seulement prétendre qu’il n’existe pas de vérité ? Cette idée sophiste a été clairement critiquée par le fondateur même de la philosophie, Socrate. Car si toutes les opinions se valent, comment l’opinion qui dit que toutes les opinions ne se valent pas peut elle aussi être vraie ? Cette incohérence relevée, le raisonnement ne tient plus. Il y aurait donc bien une vérité objective, universelle et intemporelle. Et affirmer l’inverse serait alors adopter une attitude immorale. Cela peut même être porteur d’une grande violence. En effet la doctrine des Etats totalitaires, qui par ailleurs s’appuie souvent sur une réflexion très complexe et élaborée, par du principe qu’il n’y a de vérités que humaines, d’où que l’homme doit pouvoir modeler la vérité. Ainsi dans 1984 de Georges Orwell, O’Brian en vient à nier l’existence de ce qu’il tient au même moment dans la main, illustrant cette croyance en la toute-puissance de l’esprit. Ainsi une relation sensée au réel ne peut prétendre se passer de la vérité objective qui semble devoir toujours briller.

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Crépuscule de la vérité ne serait-il alors qu’un oxymore ? Conclusion hâtive de quelqu’un qui aurait cru pouvoir se passer d’une vérité objective et horizon régulateur ? Pourtant, si l’on passe maintenant de la vérité en connaissance à la vérité pratique et sociale, on imagine aisément le locuteur qui dans un élan de déception face aux mensonges et aux illusions exprime son impression de voir disparaitre et s’assombrir la vérité.

 

Avant tout, il faut voir que s’il existe bien une vérité, certains ont essayé de la détruire. Mais alors qu’est ce qui peut éteindre, tuer la vérité et faire advenir son crépuscule ? Là encore l’exemple des Etats totalitaires et de 1984 est révélateur. Pour Big Brother et le parti, il s’agit de détruire la notion même de vérité objective pour vérité devienne synonyme de l’opinion officielle. Pour ce faire, le sens même des mots est dissout et le vocabulaire restreint pour faire disparaitre toute nuance, voire faire disparaitre le concept en faisant disparaitre le mot. De même toutes les traces du passé sont transformées pour perpétuellement être en cohérence avec les dires du parti. Or sans aucunes preuves, la vérité historique devient impossible à établir. Ainsi il semble qu’en effet, le crépuscule de la vérité puisse advenir lorsqu’une machine semblable au parti totalitaire de 1984 se donne pour but de la détruire. Ses habitants connaissent même alors la nuit la plus noire puisque l’horizon de vérité n’est plus là pour éclairer quoi que ce soit.

Ensuite, d’aucuns diraient en observant les hommes dans leurs relations que la vérité semble tomber en déchéance tant l’hypocrisie et la tromperie domine. Tel un Alceste, héros de la sincérité, le locuteur porteur d’un idéal de transparence pourrait voir dans les relations humaines l’incarnation de ce crépuscule de la vérité. Ainsi, le héros du Misanthrope de Molière est bien celui qui récuse la vie de Cour avec toutes ses apparences et ses faux-semblants. Pourtant est-il pour autant dans la vérité ? Il semble bien que non, car la vérité en tant qu’accord avec le monde, c’est justement savoir s’adapter à la situation donnée. Or Alceste blesse et se fait détester en voulant imposer sa norme aux autres. Finalement c’est Philinte, l’homme qui aime la sincérité mais est mesuré et attentif à la sensibilité de ses locuteurs qui est bien dans la vérité. On retrouve également cette idée des hommes qui perpétuellement mentent dans Rashomôn d’Akira Kurosawa (1950). Chaque protagoniste raconte sa propre version de l’histoire, illustrant l’absence de fiabilité et de vérité dans les paroles humaines. Pourtant ce qui ressort du film est que la vérité se situe chez l’homme dans ses actes, ceux-ci ne mentent pas, comme le montre le geste d’amour du bucheron qui adopte l’enfant abandonné. Ainsi il ne faut pas juger trop hâtivement le manque de sincérité des hommes. Car de même, nous revêtons tous plusieurs rôles sociaux, adaptant notre manière d’être aux situations. Or si certains voient en cela un mode de dissimulation de son être et de sa vérité, il s’agit bien plutôt d’une adaptation à la réalité changeante des situations, donc une attitude on ne peut plus vraie.

Et enfin si les hommes se trompent, ils s’illusionnent aussi, et c’est peut-être là ce qui menace le plus l’homme d’un crépuscule de la vérité. En effet, l’illusion a cela de particulier qu’elle est une erreur qui persiste même après la découverte de la vérité. Et à Freud d’ajouter que c’est une erreur voulue. Il développe ensuite sa théorie dans l’avenir d’une illusion en traitant de ce qui est pour lui la plus grande des illusions, la religion. Mais alors pourquoi cette persistance volontaire dans l’erreur ? Pourquoi vivre dans l’illusion alors que notre pouvoir sur le réel semble être à la mesure de notre connaissance de la vérité ? Ce peut être déjà parce que le réel et la vérité sont trop difficiles à supporter. Ainsi on peut lire à la toute fin de Don Quichotte de Cervantès (XVIème) ces lignes qui éclairent la folie du personnage éponyme : « à mesure que la mort approchait, il redevenait sage ». On comprend alors que le héros se réfugiait volontairement dans ces illusions de romans chevaleresques pour se rendre la vie plus palpitante. Enfin, si la vérité explique le monde, elle ne résout pas le problème des fins. C’est pourquoi la religion peut avoir un rôle parallèle à la vérité qui n’entre pas forcément en confrontation avec celle-ci. Pourtant lorsque la religion cherche à établir des vérités universelles, cela attire certains qui délaissement alors la vérité pour le fanatisme et l’idéologie, qui finalement prétendent détenir la vérité mais ne cherchent pas à se préoccuper du réel. L’attrait de tels courants constitue alors un vrai risque pour la vérité, car ils paraissent offrir bien plus que la vérité et la raison, illusionnant alors les plus sensibles à leur message.

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On le voit, la vérité semble bien souvent voilée pour l’homme tant par manque de sincérité que par illusion. Et alors pour éviter ce crépuscule de la vérité, il s’agit avant tout de promouvoir la raison, qui semble être l’élément le plus à même de réduire les illusions. Mais est-ce pour autant qu’il faut tenter par tous les moyens de maintenir la vérité au zénith ? En effet la vérité n’est-elle pas « ce soleil qui ne se laisse pas regarder » ? Dès lors, n’est-ce pas justement à la lumière tamisée et filtrée du crépuscule que l’homme est le plus à même de voir la vérité ?

 

En effet, les seules vérités accessibles aux hommes sont des vérités partielles, puisque forcément réduites par les cadres de l’esprit et la capacité de l’entendement à assimiler une perception déjà incomplète du réel. Donc peut-être n’avons-nous toujours qu’affaire à une vérité crépusculaire, floue, diffuse comme la lumière du crépuscule. Mais alors comment saisir cette vérité lorsqu’elle apparait impossible à objectiver ou conceptualiser ? C’est entre autre l’objectif de l’art que de pallier les manques de la conceptualisation, en comblant cet écart entre l’objet (généralisation nécessaire à la connaissance) et la chose (la réalité en elle-même dont chaque élément jouit d’un éclat de phénoménalité unique), et alors faire un peu plus de lumière sur le réel.

On peut également se demander si finalement, ce n’est pas lorsque l’on cesse de chercher la vérité que l’on est le plus à même de la trouver ? Autrement dit si ce n’est pas dans le noir que l’on peut distinguer les étincelles de vérité ? En effet en renonçant à chercher la vérité, on ne se ferme pas dans une orientation bornée dans la recherche de la vérité, qui empêche l’ouverture à la phénoménalité, la pleine ouverture. Et puis alors, peu importe finalement, car la vérité finit toujours par se rappeler à nous. Tolstoï le montre bien dans La Mort d’Ivan Ilitch : le héros cherche toute sa vie à vivre dans un monde bien conforme à sa volonté, refusant de voir ce qui pourrait lui déplaire. Mais finalement, la réalité symbolisée par sa douleur grandissante se rappelle à lui, car on ne peut ignorer la réalité volontairement. Si le soleil de la vérité se couche un soir, il réapparaît toujours le lendemain, on ne peut échapper à la vérité car ce serait vouloir échapper au réel, or nous sommes indéfectiblement liés au réel car partie intégrante de celui-ci.

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Ainsi nous pouvons conclure notre argumentation en disant que crépuscule de la vérité semble bien un paradoxe en connaissance car la vérité objective est intemporelle. Mais c’est bien dans les vérités humaines que ce crépuscule pourrait se cacher, notamment du fait de la force de nos illusions. Mais enfin, peut être que le crépuscule est notre condition même de la vision de la vérité, qui sinon nous éblouit et ne se laisse pas voir.

Guillaume Hénault

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